Résumé:
Les eaux souterraines dans le nord-est de l'Algérie sont largement reconnues comme
la principale ressource en eau utilisée pour l'irrigation agricole et la consommation humaine
le long de la frontière entre l'Algérie et la Tunisie. Cette situation est principalement due à
un déficit pluviométrique et à une disponibilité limitée des eaux de surface. Cette étude
vise à évaluer l'impact des rejets d'eaux usées sur les caractéristiques physico-chimiques et
bactériologiques des eaux souterraines de la région. Pour cela, des échantillons ont été
prélevés dans trente-six puits et forages afin d'analyser la qualité de l'eau. L’évaluation des
caractéristiques hydrochimiques des eaux souterraines de la région de Tébessa a été
réalisée à l’aide de méthodes statistiques multidimensionnelles, de modélisation
géochimique et d'indices de qualité de l’eau. Les résultats ont révélé une variation du pH
allant de l’acide au neutre, avec des valeurs comprises entre 6,46 et 8,3, ainsi qu’une
minéralisation modérée à élever (754 μS/cm < C.E < 11 680 μS/cm). Selon l’analyse du
diagramme de Piper, les principaux types d’eau identifiés sont bicarbonatée calcique
(HCO3⁻-Ca²⁺), chlorurée calcique (Cl⁻-Ca²⁺) et mixte (Ca²⁺-Mg²⁺-Cl⁻).
Concernant la contamination bactériologique, 60 % des échantillons contenaient des
coliformes totaux, tandis que 100 % présentaient des traces d’Escherichia coli. Enfin,
l’analyse des cartes de distribution spatiale a permis d’identifier les zones les plus affectées
par la pollution des eaux usées. D'après le classement de l'indice de la qualité d'eau potable,
simplement 38 % des échantillons ont été considérés conformes aux normes de
consommation humaine, tandis que 34 % ont été classés comme mauvais, 10 % comme
extrêmement mauvais et 17 % comme dangereux pour la consommation. L'indice de
qualité de l'eau d'irrigation comprend quatre catégories : restriction faible, modérée, élevée
et sévère, avec des pourcentages respectifs de 31 %, 31 %, 7 % et 31 %. L'indice de
pollution par les nitrates (IPN) indique que 48 % des échantillons sont classés comme
modérément pollués. Cette contamination par les nitrates résulte d'activités humaines,
notamment l'infiltration des eaux usées et décharge d'ordures dans des zones ouvertes. Les conclusions de cette étude pourraient servir de fondement important pour les futures
recherches visant à estimer la qualité des ressources en eau de la région.