Résumé:
Les rejets miniers issus du traitement par voie humide du phosphate, en particulier ceux générés par
l’unité industrielle de SOMIPHOS à Djebel Onk (Bir El Ater, Algérie), constituent une préoccupation
environnementale majeure. Bien que considérés comme des rejets, ces résidus contiennent encore des
teneurs significatives en P2O5 (jusqu’à 25 %), ce qui leur confère un potentiel de valorisation non
négligeable.
Deux techniques sèches ont été étudiées pour la récupération des minéraux phosphatés : la calcination
thermique et la séparation électrostatique. Une caractérisation physico-chimique approfondie a été
réalisée à l’aide de la diffraction des rayons X (DRX), de la fluorescence X (FRX) et de la microscopie
électronique à balayage-spectroscopie à dispersion d'énergie (MEB-EDS). Les analyses ont révélé la
présence dominante de fluorapatite carbonatée et d'hydroxyapatite carbonatée, ainsi que de dolomite,
calcite, quartz et de minéraux argileux.
Les essais de calcination sur les rejets beiges ont montré que la température optimale de 1050 °C
pendant 60 minutes permet d’atteindre une teneur en P2O5 de 31,15 % et les rejets noirs ont permis
d’atteindre 30,91 % de P2O5 avec un taux de récupération de 91 %. Les essais de séparation
électrostatique, optimisés à une vitesse de rotation de 75 tr/min et une tension électrique de 32 kV, ont
permis d’obtenir pour les rejets beiges une teneur en P2O5 de 32,8 % avec une récupération de 95,46
%. Pour les rejets noirs, cette technique a permis d’atteindre 30,03 % de P2O5 avec une récupération
de 89 %.
Ces résultats confirment la faisabilité technique et environnementale de la récupération du phosphate à
partir des rejets miniers par des procédés secs, particulièrement adaptés aux zones arides où les
méthodes classiques comme la flottation sont limitées. L’étude propose une stratégie de valorisation
intégrée qui répond aux enjeux de gestion des rejets et d’optimisation des ressources.